Jean-Éric Tremblay - nouveau directeur de l'INQ

Jean-Éric Tremblay, nouveau directeur de l'Institut nordique du Québec

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Depuis le début du mois de juillet, la direction de l'INQ est assurée par le chercheur Jean-Éric Tremblay. Choisi au terme d'un appel à candidatures lancé en mars 2020 par l'Université Laval, Jean-Éric Tremblay possède de vastes connaissances sur les questions nordiques et arctiques. L'équipe de l'INQ est heureuse d'accueillir à sa direction ce chercheur chevronné et impliqué au sein de l'INQ depuis les débuts de l'organisation.

Mot du directeur

Il est désormais clair que les environnements terrestres et marins nordiques sont les plus rapidement et sévèrement touchés par les changements climatiques de l’Anthropocène. Cette métamorphose redessine les contours du développement social et économique du Nord et s’ajoute aux multiples enjeux qui déjà touchaient ses habitants et leur bien-être. Elle affecte aussi le « Sud » en libérant de puissants gaz à effet de serre, en déstabilisant le courant-jet atmosphérique et en affaiblissant les grands courants marins qui tempèrent le climat. J’aborde ce mandat avec la conviction qu’il est primordial de se donner les moyens d’évaluer et comprendre, voire anticiper, l’ensemble de ces transformations afin de s’y adapter, proposer des solutions durables pour le développement du Nord et accroitre notre résilience collective. Il m’apparait également essentiel que cette démarche s’arrime aux préoccupations des Premiers Peuples, qu’elle soit pensée avec eux et ancrée dans le respect des cultures et savoirs locaux. Fort d’une programmation scientifique élaborée conjointement avec plus de 150 chercheur(e)s et représentant(e)s de divers organismes et peuples autochtones, l’INQ se veut un moteur de rassemblement des forces vives du Québec et d’ailleurs autour des questions multidisciplinaires et transectorielles posées par la nordicité et le développement durable du Nord. J’entends œuvrer pour que cette synergie s’appuie sur un complexe immobilier agile, la mise en commun des expertises de chercheur(e)s affilié(e)s provenant des 16 institutions membres de l’INQ, ainsi que sur la collaboration de nombreux centres, chaires, programmes de recherches et partenaires du Nord et des secteurs publics et privés. 

L’INQ déposera bientôt son plan stratégique 2020-2025, qui proposera une vision rassembleuse et des actions concrètes pour propulser la recherche en partenariat et la formation. Malgré la pandémie, de nombreuses et fructueuses consultations virtuelles ont été tenues au printemps pour la panification du complexe immobilier. Ce dernier appuiera, entres autres, les multiples volets scientifiques, de communication et de transfert de l’INQ. Il servira de lieu de rencontre, d’incubateur d’innovation et de base logistique pour le déploiement des équipes, apparaux et plateformes de recherche sur l’ensemble du territoire nordique et arctique. Parallèlement, le ralentissement des activités de recherche causé par la pandémie cet été souligne l’importance d’innover en diversifiant notre arsenal d’approches et de moyens techniques, tout en promouvant une autonomie plus grande des communautés et organisations du Nord en matière de recherche et suivis scientifiques. Les installations satellites développées par l’INQ et ses partenaires dans le Nord seront particulièrement pertinentes à cet égard. La tournée des institutions membres entamée à la fin 2019 a dû être interrompue dans le contexte actuel, mais elle reprendra dès que possible afin de bien faire connaître l’Institut, partager l’immense richesse des expertises nordiques présentes au Québec et échanger sur les opportunités de recherche et de maillage. Ayant été impliqué dans la mise sur pied de l’INQ dès le départ, c’est avec enthousiasme et énergie que je compte travailler avec l’équipe de direction, les institutions membres et nos partenaires pour poursuivre le développement de l’institut et en faire un haut lieu de la recherche nordique et Arctique. Le futur du Nord est un enjeu circumpolaire et nous disposons maintenant d’un nouvel outil pour faire rayonner le savoir-faire du Québec et prendre part aux grandes initiatives internationales.
 

Jean-Éric Tremblay

Directeur de l'Institut nordique du Québec

 

Biographie

Jean-Éric Tremblay est professeur titulaire au département de biologie de l’université Laval, où depuis 2004 il mène des activités de recherche et d’enseignement dans le domaine de l’océanographie. Il a obtenu son doctorat de l’Université Laval en 1996, suite à quoi il a effectué des stages postdoctoraux à l’Institut Alfred-Wegener (Allemagne) et au Japon pour ensuite rejoindre l’Université McGill en tant que chercheur associé. Son programme de recherche vise à élucider les processus qui déterminent la productivité biologique et le fonctionnement biogéochimique des mers arctiques et subarctiques, les transformations que subissent ces mers face aux changements climatiques, ainsi que l’impact de ces transformations sur l’Atlantique Nord et la côte est de l’Amérique du Nord exposés aux puissants courants qui descendent du Grand Nord. Il étudie notamment l’impact du réchauffement et de la fonte des glaces sur la capacité de l’océan Arctique à fournir des aliments marins abondants et de qualité aux communautés côtières, pour qui la sécurité alimentaire représente un enjeu de taille. Le professeur Tremblay assurera pour quelques temps encore la direction scientifique du regroupement stratégique multi-institutionnel Québec-Océan du FRQNT, au sein duquel il a oeuvré à développer et concerter la recherche océanographique à travers le Québec. Il siège par ailleurs sur plusieurs conseils d’administration ou comités d’orientation scientifique impliqués dans l’essor du secteur maritime au Québec et au Canada. Il est chercheur membre de l’unité mixte internationale Takuvik et a dirigé des projets d’envergure ou de grandes équipes thématiques durant l’Année polaire internationale et les deux premières phases de réseau de centre d’excellence ArcticNet. Il dirige présentement les projets pancanadiens « Nutrient transports and marine living resources across the Inuit Nunangat » dans la troisième phase d’ArcticNet, « Biogeochemical signatures of ecosystem stress and resilience: nutrient cycles and lipid flow » dans le réseau stratégique CHONe II (Canadian Healthy Ocean Network) du CRSNG, et « Marine Ecosystems » dans le réseau de recherche et développement coopératif « BaySys » du CRSNG. Ce dernier évalue les impacts combinés du changement climatique et du développement hydro-électrique en Baie d’Hudson.  Au sein du programme Sentinelle Nord d’Apogée Canada, il codirige avec la professeure Mélanie Lemire le projet BriGHT, qui a pour objectif de mieux comprendre les liens qui unissent la santé des Inuit à l’environnement marin du Nord. Avec ses collègues et les nombreux étudiants qu’il a supervisé, le professeur Tremblay a publié plus de 100 articles dans des revues scientifiques spécialisées et dirigé des rapports de synthèse environnementale à l’intention des décideurs.

Catégories : direction
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